Grace et Daniel marchèrent d’un pas ferme vers le grand portail de chêne.

Alors que les lourdes portes s’ouvraient sur la lumière éclatante de midi, une brise fraîche balaya les marches de pierre. Sur le parvis, une longue berline noire aux vitres teintées attendait en silence le long du trottoir, son chauffeur en livrée posté au garde-à-vous, la portière entrouverte. Derrière elle, un groupe d’hommes aux visages burinés par la rue, d’anciens compagnons d’infortune de Daniel que Grace avait souvent salués le soir près des rails de New Street, s’étaient rassemblés. Ils ne portaient pas de beaux habits, mais ils tenaient dans leurs mains des bouquets de bruyère et des rubans de couleur claire.

En voyant sortir Daniel dans son vieux costume et Grace dans sa robe simple, une immense clameur s’éleva de la place. Ce n’étaient pas les félicitations polies et venimeuses des salons bourgeois, mais le cri sincère de ceux qui reconnaissaient l’un des leurs, victorieux sans avoir vendu son âme.

Daniel serra la main de Grace. Le costume était usé, les chaussures étaient fendues, mais l’homme qui marchait sous le soleil de Birmingham était plus riche que tous les empires que la vanité des hommes s’échine à bâtir sur le mépris des humbles.