Je restai seule un instant dans l’immense salle à manger baignée d’or et d’ombre. J’attrapai la petite clé de laiton sur la nappe, la glissai au fond de ma poche de tablier aux côtés du petit mouchoir brodé que Rachel m’avait offert la veille de sa mort, et je soufflai les bougies l’une après l’autre.
Le silence qui s’installa alors n’avait plus rien d’étouffant. C’était le silence réparateur d’une maison délivrée du poison, où l’amour authentique venait enfin de reprendre tous ses droits.