Le jeune garçon déposa lentement le billet dans la poche de poitrine du smoking froissé de Sterling, tapotant délicatement le tissu pour l’ajuster.
« Vous pouvez garder votre argent, monsieur Sterling, » murmura l’enfant avec une gravité bouleversante. « Ce soir, la seule chose que nous reprenons… c’est le nom de mon père. »
Les policiers entraînèrent l’homme brisé à travers les couloirs de marbre, sous les éclairs aveuglants des flashs des journalistes qui commençaient déjà à envahir le hall de l’hôtel.
Resté seul devant le gigantesque monument doré, Léo remit soigneusement la vieille casquette de son père sur sa tête. Elle était un peu trop large pour lui et glissait légèrement sur son front, mais il la redressa avec fierté. Il prit la boîte en laiton sous son bras, se retourna vers la salle silencieuse, et sans adresser un seul mot de plus aux riches spectateurs hébétés, il marcha d’un pas tranquille, digne et résolu, vers les portes de sortie, s’enfonçant dans la nuit fraîche de la ville où son avenir, enfin libéré de l’ombre, commençait.