Je pris le bras de mon père, le bras de ma mère, et nous marchâmes tous les trois d’un pas tranquille vers la berline centrale. Maître Vance nous ouvrit lui-même la portière, avec un profond salut.

« Où allons-nous, Mademoiselle Devereux ? » demanda le chauffeur une fois le moteur allumé dans un ronronnement soyeux.

Je regardai à travers la vitre teintée. Au dehors, Olivia Sterling était poussée sans ménagement à l’arrière d’un fourgon de police, ses cris étouffés par la tôle blindée, tandis qu’Ethan, brisé en deux sur la banquette d’une voiture banalisée, cachait son visage entre ses mains menottées.

« Chez nous », répondis-je avec un soupir d’apaisement. « Conduisez-nous au vieil atelier de mon père. Nous avons un bon ragoût à réchauffer et une vie entière à célébrer en famille. »

La berline s’ébranla, glissant silencieusement à travers les lourdes grilles en fer forgé du domaine qui se refermèrent pour toujours derrière nous. Le soleil disparaissait enfin derrière les collines, laissant place à une nuit claire, purifiée par la vérité, où le mensonge n’avait plus aucun refuge.