Je passai mon bras autour de sa taille et la serrai contre moi. Elle posa sa tête sur mon épaule, et là, sous les branches naissantes de l’olivier, elle posa doucement ma main sur son ventre, encore plat, mais habité d’une chaleur nouvelle.
« Dans sept mois », murmura-t-elle avec un sourire baigné de lumière, « nous serons trois. Et si c’est une fille, nous lui apprendrons que la plus belle parure d’une femme n’est pas ce que les autres peuvent couper avec des ciseaux, mais ce que personne ne pourra jamais lui arracher : son âme, sa fierté, et le courage d’aimer sans plier l’échine. »
Le soleil matinal inonda les collines de teintes ambrées. Les oiseaux chantaient dans les caféiers en fleur, et pour la première fois de ma vie, je compris ce que signifiait être véritablement libre. Un homme peut naître d’un ventre qui ne sait pas aimer, mais il a le devoir sacré d’être le rempart indestructible de celle qui lui a confié son destin. Ce serment-là n’avait pas été scellé par les mots d’un prêtre dans une église dorée, mais par le sang-froid d’un choix irréversible, fait un soir d’automne, sous les étoiles témoins de l’hacienda.