Lorsque les lourdes portes d’entrée cédèrent sous la pression des forces de l’ordre, accompagnées des secouristes du Samu qui se précipitèrent immédiatement vers la jeune femme au sol, Alejandro ne tenta même pas un geste de résistance. Deux agents en tenue tactique le plaquèrent contre le mur avec une fermeté froide, ses mains fines d’homme d’affaires passées dans les menottes d’acier dont le clic sec retentit dans tout le vestibule.

— Elena… tenta-t-il une dernière fois, la voix étranglée, tandis qu’on le poussait sans ménagement vers la sortie.

Elena ne tourna même pas la tête vers lui. Elle regardait le médecin urgentiste qui s’agenouillait à ses côtés, sortant un stéthoscope fœtal et posant une main rassurante sur son épaule.

— Comment vous sentez-vous, madame ? Le rythme cardiaque du bébé est bon, mais nous devons vous emmener tout de suite pour des examens de contrôle.

Pour la première fois depuis des mois, un sourire franc, débarrassé de tout mensonge et de toute ombre, dessina les contours des lèvres d’Elena.

— Nous allons bien, docteur, répondit-elle d’une voix claire qui résonna dans la maison enfin silencieuse. Nous sommes enfin libres.