Il glissa le téléphone dans sa poche, puis se pencha pour glisser ses bras solides sous la fillette. Il la souleva contre sa poitrine avec une infinie précaution, veillant à ce que ses pieds meurtris ne touchent plus le sol dur et froid. Mia, épuisée par la peur, le sucre et les larmes, posa instinctivement sa tête contre l’épaule de Damon, respirant l’odeur rassurante de son col blanc.

Damon traversa le parc d’un pas tranquille, laissant derrière lui les chandeliers brisés par le vent naissant, les coupes de champagne abandonnées sur les pelouses piétinées et cette banderole hypocrite qui n’avait plus aucune raison d’exister.

À l’entrée du domaine, le chauffeur de Damon ouvrit la portière de la longue limousine noire. Damon s’installa à l’arrière, berçant l’enfant qui commençait déjà à sombrer dans un sommeil lourd et réparateur, ses petits doigts fermement agrippés au revers de la veste d’homme qui la recouvrait.

« Où allons-nous, monsieur ? » demanda sobrement le chauffeur en réglant le rétroviseur.

Damon jeta un dernier regard par la vitre teintée vers le manoir désormais plongé dans le tumulte des perquisitions policières, puis baissa les yeux vers le visage paisible de l’enfant endormie contre lui.

« À l’hôpital, Thomas, » dit-il doucement. « Et ensuite, nous rentrons à la maison. »