La main de Mark heurta mon épaule avec la violence mesurée des lâches qui se croient intouchables. C’était une poussée sèche, destinée à m’intimider, à me faire reculer vers le couloir. Dans son esprit nourri de certitudes bourgeoises et d’impunité domestique, j’étais un vieil homme usé, un retraité inoffensif dont la carcasse céderait sous la moindre secousse. Il oubliait simplement que la mémoire du corps ne s’efface pas avec l’âge. Trente et un ans passés dans le sillage immédiat des pires prédateurs de cette ville vous apprennent deux choses fondamentales : l’angle précis sous lequel une articulation cède, et le fait que les brutes perdent toute contenance dès l’instant où leur victime cesse d’avoir peur.
Je ne reculai pas d’un millimètre. Mon pied gauche glissa imperceptiblement vers l’arrière pour verrouiller mon assise au sol, absorbant l’impact dans la hanche. Au moment exact où sa paume…