Le silence qui suivit dans le grand vestibule était d’une densité presque physique, semblable à la poussière d’or qui flottait dans les rais de lumière matinale. Les battements du cœur de Rosa résonnaient contre le marbre froid sous ses genoux. Alessandro ne bougeait pas. Il attendait, immobile, sa haute silhouette découpée contre l’arche monumentale. Ses yeux, d’ordinaire impénétrables et craints dans les cinq arrondissements, ne contenaient plus l’ombre d’une menace ; ils n’étaient plus que l’abîme d’une douleur contenue et d’une faim de vérité qui couvait depuis quatre longues années.
\« Alessandro, je t’en supplie… » murmura Rosa, sa voix brisée par un sanglot qu’elle tentait désespérément d’étouffer pour ne pas réveiller l’enfant endormie contre sa poitrine. « Ne fais…