L’air matinal d’Elmwood Terrace ne sentait pas le sang, mais la pelouse fraîchement arrosée et l’écorce de cèdre étalée aux pieds des magnolias centenaires. C’était cette odeur aseptisée propre aux enclaves bourgeoises, où chaque mètre carré de trottoir semble nettoyé des imperfections de la société moderne. Pourtant, la tension qui se condensait entre les corps de l’agente Sarah Miller et de Marcus Vance avait quelque chose de métallique, une odeur d’ozone avant la foudre.
Sarah Miller n’avait pas seulement blanchi ; sa mâchoire s’était crispée avec une telle violence qu’un fin tremblement parcourait sa tempe droite. Son regard glissait sans cesse du matricule doré…