La porte du manoir Le silence qui tomba sur le perron fut plus assourdissant que la fanfare de l’orchestre qui venait de mourir à l’intérieur. Dans l’encadrement des portes monumentales en chêne massif et fer forgé, les invités de la haute société new-yorkaise, verres de champagne de cristal à la main, s’étaient figés. Les regards oscillaient entre la silhouette déchue d’Arthur, le visage décomposé de Sophia sous son fard ruisselant, et la stature monumentale de Marcus Vance. Elena, bien ancrée au bras de l’homme d’affaires, sentait sous ses doigts le tissu de laine d’Écosse de sa veste, chaud et inébranlable. Pour la première fois depuis des mois, la terreur ne dictait plus les battements de son cœur.
Sophia fit un demi-pas en avant, les talons claquant avec une véhémence désespérée sur le marbre blanc. Elle pointa un ongle verni de pourpre vers Elena, refusant d’admettre la réalité…