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Le Domaine de Bellemont Le silence qui régnait dans la grande salle de bal n’avait plus rien de la solennité feutrée d’un mariage de la haute société. C’était une chape de plomb, lourde, suffocante, ponctuée seulement par le bourdonnement électrique des projecteurs et le crépitement lointain de l’orage contre les vitraux centenaires. Deux cents convives, parés de soie, de diamants et d’arrogance, restaient figés comme des statues de cire. Le parfum opulent des roses blanches, mêlé à la cire tiède des chandeliers, semblait soudain écoeurant.

Sous ma robe de laine sombre, taillée sobrement mais sans un pli de travers, mon cœur battait d’un rythme régulier, presque froid. Ce n’était pas la colère qui m’animait, ni…