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Le festin de l’ombre I. La silhouette derrière la baie vitrée Il y a des hivers qui ne se contentent pas de refroidir l’air : ils semblent geler le temps, durcir les trottoirs et rétrécir le cœur des hommes pressés. Ce mardi de novembre, la ville s’était drapée d’une brume sale et humide. Sur les vitres du petit bistrot La Table d’A côté, la buée formait un voile opaque que David essuyait machinalement avec un torchon de lin blanc.
David avait quarante-deux ans, des mains larges habituées à manier les casseroles en fonte, et un regard calme, un peu fatigué par quinze années de labeur solitaire. Son restaurant n’était…