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L’Encre des Racines La terreur dans la voix de Rodrigo résonnait encore contre les parois carrelées du corridor. Pendant neuf ans, j’avais partagé le lit d’un homme dont chaque certitude tenait lieu de loi d’airain. Il ne suppliait jamais ; il arbitrait, il tranchait, il condamnait d’un geste dédaigneux de la main. Le voir ainsi, les phalanges blanchies par la tension et le regard fuyant la lumière crue des appliques murales, ne m’apportait pourtant aucune saveur de victoire. Cela me donnait seulement la nausée, celle que l’on éprouve en découvrant qu’un édifice que l’on croyait imposant n’était bâti que sur de la sciure et du sable mouvant.
« Alors commence par m’expliquer pourquoi le nom de mon père figure sur un dossier que tu as grassement rémunéré », lui dis-je, sans élever le ton mais en ancrant…