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L’air de la maison avait toujours eu l’odeur de la cendre froide et de la cire d’abeille, un parfum austère que Claire imposait comme une marque de fabrique pour masquer les failles du plancher et les silences qui s’éternisaient. Depuis le départ de Daniel, quatre années plus tôt, chaque battement d’horloge résonnait comme un reproche. Mara se tenait au bout du couloir du premier étage, une main posée sur la rampe en chêne verni, écoutant le grincement feutré des pas au rez-de-chaussée. Dans la chambre voisine, Noah, dix ans à peine, dormait d’un sommeil agité, serrant contre son torse un carnet à dessins aux pages cornées. C’était pour lui, uniquement pour lui, que Mara avait courbé l’échine face aux ordres froids de sa belle-mère, rangeant son orgueil dans des cartons invisibles tout en veillant à ce que le frigo ne soit jamais tout à fait vide et que les factures d’électricité soient payées avant la coupure.
Mais ce soir-là, le silence minutieusement orchestré par Claire venait de se briser. Sur le pas de la porte d’entrée, la silhouette de Daniel se découpait contre la lumière jaunâtre…