Le silence pesant du service des soins intensifs semblait s’être figé autour des quelques notes cristallines égrenées par le mécanisme de cuivre. Dans la pénombre de la chambre 312, baignée par la lueur blafarde des écrans médicaux, chaque seconde s’étirait avec une lenteur insupportable. Les trois médecins s’étaient tus, stupéfaits par la réaction soudaine de la patiente. Hélène Renaud, plongée depuis près d’une semaine dans un coma que tous jugeaient irréversible à la suite d’un accident vasculaire cérébral massif, venait de murmurer un prénom qui n’était pas celui de son fils.
Lucas. Matthieu Renaud demeura pétrifié, la main encore à demi levée vers l’épaule du garçon. Une onde glacée traversa sa poitrine, chassant d’un coup l’épuisement qui lui broyait les tempes…